L’IA fait de plus en plus partie de la conception architecturale, mais votre firme peut-elle se fier aux renseignements de projet qu’elle utilise?
Le potentiel est important, mais plus l’IA se connecte directement aux données de projet, plus une question devient essentielle: Est-ce que l’IA peut réellement déterminer quels renseignements de projet sont fiables, à jour et approuvés?
L’IA entre maintenant directement dans les processus de conception
En octobre 2026, Graphisoft a présenté son portefeuille de produits 2026, comprenant de nouvelles fonctionnalités assistées par l’intelligence artificielle pour les équipes d’architecture, d’ingénierie et de construction.
L’entreprise développe notamment des outils visant à mieux relier la conception préliminaire, les études de faisabilité, les données de projet et les environnements BIM.
Cette évolution reflète une tendance plus large dans le secteur : L’IA passe progressivement de la création de contenu isolé à l’utilisation directe des renseignements nécessaires à la réalisation des projets.
Cette évolution rend la gestion de l’information encore plus importante.
Imaginez un processus de projet tout à fait normal
Un projet commence avec une première conception.
Le client demande ensuite une modification.
L’architecte met le modèle à jour.
Un nouveau PDF est produit.
L’ingénieur-conseil travaille encore avec une version précédente.
Une autre modification est approuvée par courriel.
L’estimateur utilise un document différent.
Une nouvelle version est ensuite déposée dans un dossier partagé.
Tout le monde travaille.
Mais pas nécessairement avec la même information.
Sans intelligence artificielle, cette situation crée déjà des inefficacités.
Avec l’IA, les renseignements peuvent être retrouvés et analysés beaucoup plus rapidement.
Mais cette rapidité n’est réellement utile que si les renseignements de départ sont fiables.
Accéder plus rapidement à l’information ne règle pas le contrôle des versions
Imaginons qu’un chargé de projet demande à un assistant IA:
« Résume-moi les dernières modifications approuvées par le client pour le hall d’entrée. »
L’IA pourrait éventuellement consulter :
- les courriels;
- les comptes rendus de réunion;
- les plans;
- les devis;
- les données du modèle BIM;
- les documents des consultants.
Mais quelle source représente réellement la décision finale?
Quel document est encore à l’état de brouillon?
Quelle version a été remplacée?
Quelle modification a officiellement été approuvée?
Si plusieurs versions demeurent accessibles sans statut clair, l’IA peut accélérer la recherche d’information sans résoudre l’ambiguïté existante.
Ce qui semble être un problème d’intelligence artificielle peut en réalité être un problème de gestion de l’information.
Le jugement professionnel demeure une responsabilité humaine
L’Institut royal d’architecture du Canada reconnaît le potentiel de l’intelligence artificielle dans plusieurs domaines de la pratique architecturale, notamment la recherche, la documentation, l’administration de projet et l’analyse.
L’Institut rappelle toutefois que l’IA ne remplace pas le jugement professionnel, le devoir de diligence ni la responsabilité de l’architecte.
Cela mène à un principe simple :
L’IA peut soutenir le processus de travail. Elle ne doit pas rendre floue la responsabilité de la décision professionnelle.
Cinq fondations à établir avant d’automatiser davantage
1. Une source clairement identifiable pour les renseignements de projet à jour
Les employés et les consultants devraient savoir où se trouvent les renseignements officiellement approuvés. Cela ne signifie pas nécessairement que toute l’information doit être conservée dans une seule application.
Cela signifie toutefois que la firme devrait pouvoir distinguer clairement les documents :
- en préparation;
- en révision;
- émis;
- approuvés;
- remplacés ou désuets.
Cette distinction ne devrait pas dépendre uniquement de la mémoire d’un employé.
2. Un historique clair des modifications
Pour les modifications importantes, l’équipe devrait pouvoir répondre rapidement aux questions suivantes :
- Qu’est-ce qui a changé?
- Quand le changement a-t-il été effectué?
- Qui l’a demandé?
- Pourquoi a-t-il été effectué?
- Qui l’a approuvé?
Plus ces renseignements sont structurés, plus l’IA peut fournir un contexte utile.
3. Une méthode cohérente de collaboration avec les consultants
Les projets d’architecture impliquent souvent plusieurs organisations :
- architectes;
- ingénieurs;
- clients;
- entrepreneurs;
- estimateurs;
- consultants spécialisés.
Tous n’utilisent pas nécessairement les mêmes systèmes.
Le processus devrait donc définir clairement les règles entourant :
- l’échange de documents;
- le contrôle des versions;
- le partage externe;
- les permissions;
- les approbations;
- la conservation des documents.
4. Une gestion structurée des communications de projet
Une décision importante ne devrait pas devenir difficile à retrouver simplement parce qu’elle a été prise dans un échange de courriels.
Au Québec, l’Ordre des architectes du Québec confirme que les dossiers et archives d’un architecte peuvent être entièrement numériques et rappelle l’importance de conserver les communications pertinentes dans les dossiers associés aux projets.
Cette discipline devient encore plus importante lorsque des assistants IA doivent éventuellement retrouver le contexte historique d’un projet.
5. Une validation humaine avant toute utilisation professionnelle
L’IA peut notamment accélérer :
- la recherche d’information;
- la préparation de résumés;
- la comparaison de documents;
- certaines tâches de rédaction;
- la coordination administrative;
- la préparation de rapports.
Toutefois, les résultats utilisés dans des décisions ou des livrables professionnels doivent toujours faire l’objet du niveau de validation approprié.
Plus l’IA devient intégrée aux systèmes de projet, plus la firme devrait définir clairement les étapes nécessitant une approbation humaine.
Commencez par les problèmes opérationnels, pas par les fonctionnalités d’IA
Une firme d’architecture qui souhaite adopter davantage d’intelligence artificielle devrait d’abord déterminer où son équipe perd réellement du temps.
Par exemple :
- rechercher le dernier document approuvé;
- préparer des comptes rendus de réunion;
- comparer différentes versions;
- distribuer des documents approuvés;
- recueillir les mises à jour des consultants;
- préparer des rapports répétitifs;
- organiser les dossiers de projet;
- suivre les approbations des clients.
Ensuite, deux questions deviennent particulièrement utiles :
Quelles tâches exigent réellement un jugement professionnel?
Et lesquelles pourraient être partiellement automatisées tout en conservant une supervision humaine?
Cette distinction aide généralement à trouver des projets d’automatisation plus simples, plus mesurables et plus utiles.
La préparation à l’IA est aussi un enjeu de gestion de l’information
Lorsqu’une organisation parle de préparation à l’IA, la discussion se concentre souvent sur le choix d’une plateforme ou l’achat de licences.
Ces décisions sont importantes.
Mais une IA connectée dépend aussi de plusieurs fondations opérationnelles :
- qualité de l’information;
- structure documentaire;
- permissions;
- contrôle des versions;
- cohérence des processus;
- responsabilités clairement définies.
Sans ces fondations, l’intelligence artificielle risque simplement de rendre les faiblesses existantes plus visibles.
Avec une bonne structure, elle peut au contraire devenir un véritable outil de productivité.
Comment InnoAxis peut aider
InnoAxis Solutions Inc. aide les organisations canadiennes à moderniser leurs données et
leurs processus avant d’ajouter de nouvelles couches d’automatisation.
Pour les firmes d’architecture et de génie, cette démarche peut notamment comprendre :
- la cartographie des processus de travail;
- l’organisation des documents et de l’information;
- l’architecture Microsoft 365 ou infonuagique;
- la gestion des permissions et du partage externe;
- l’identification de cas d’usage de l’IA;
- l’automatisation sécurisée de processus;
- la définition de contrôles de gouvernance;
- la mise en place de validations humaines;
- la mesure des gains opérationnels.
L’objectif n’est pas de remplacer les outils BIM ou les plateformes spécialisées de conception.
Il est plutôt de créer un environnement numérique autour de ces systèmes où l’information est plus facile à organiser, sécuriser, partager et automatiser.
Une question à poser à votre équipe
Si votre firme connectait demain matin un assistant IA à l’ensemble de ses documents de projet :
Pourrait-il distinguer de façon fiable la dernière information approuvée des brouillons, des plans remplacés et des anciennes pièces jointes?
Si la réponse n’est pas claire, votre prochaine étape ne consiste peut-être pas à acheter une autre licence d’IA.
Elle pourrait commencer par une meilleure gestion de l’information et des processus.
Découvrez comment InnoAxis peut vous aider à moderniser vos processus et préparer votre organisation à l’IA.